FAKTURA
L’équipe
de Faktura entend approfondir, sur la base de la recherche accomplie par
l’équipe de L’image manquante (FQRSC)
autour des questions d’identité, d’images et de textes, la réflexion sur les
rapports qui lient les arts visuels et la muséologie à l’écriture. Nous avons choisi
de nommer Faktura les éléments et les mécanismes de fabrication qui
caractérisent les pratiques des arts visuels s'alliant à l'écrit. Notre
programme comporte quatre objectifs : 1) la création d’œuvres inédites; 2) le
développement d’une méthode de recherche-création propre aux arts visuels; 3)
la création d’outils pédagogiques; 4) la diffusion des résultats de la
recherche-création.
Tout
comme dans nos propres démarches axées soit sur la peinture et l’écriture de
l’histoire, soit sur l’écriture vidéographique ou encore sur l’exposition comme
récit, les pratiques évoquées plus haut sont tributaires de l’image. Pourtant,
leur fonction n’est pas tant d’« être image » que de « faire
image ». Cette affirmation pose la question des supports de réception — la
toile, l’écran, la galerie, le livre — comme lieu d'inscription. Pour faire
évoluer notre réflexion, nous avons imaginé diverses stratégies
d’expérimentation pour soutenir sur 3 ans la création d'œuvres spécifiquement
problématisées à partir de la notion de FAKTURA : 1) des ateliers constitueront
des espaces d’essai où les caractéristiques de la FAKTURA seront mises en
œuvre, nourrissant les échanges entre étudiants, chercheurs et invités renommés
et produisant la matière de la recherche-création; 2) un documentaire vidéo
présentera des récits de « factures d’œuvres » d'artistes et
d'auteurs, permettant d’activer le rapport visuel et textuel par le biais de la
parole, tout en constituant un document/outil pédagogique inédit; 3) un
colloque réunissant des invités aux ateliers offrira une plate-forme plus large
à la communication des hypothèses abordées et dévoilera les résultats de la
recherche-création; 4) une publication sous la forme de livre d’artiste
contiendra les textes, images et travaux réalisés dans le cadre du projet. Il
mettra en espace de façon singulière les « applications facturales ».
Ce
travail devrait permettre 1) d’associer pratiques artistiques et mises en
récit; 2) d’induire de nouveaux liens de compréhension entre diverses
disciplines, œuvres de création et textes originaux et 3) d’expérimenter les
effets issus de nouvelles connaissances relatives aux œuvres visuelles et
documents créés.
Cette recherche ouvre sur un
champ fertile où abondent les questions. La rareté d’images fondatrices, la
recherche d’identités innommées et le manque identitaire n’ont-ils pas provoqué
une effervescence de la recherche dans les domaines de l’Histoire — celle de
l’art, de la langue, des idées? Ce chantier de saisie identitaire trouve-t-il
son écho dans l’espace des arts visuels où il est encore peu problématisé?
C’est ce que l’approfondissement de la notion de FAKTURA nous permettra de
mettre en évidence. Alors que d’autres domaines des sciences humaines ont
ouvert le chantier de reconstruction de nos récits — ceux dans lesquels une
société aurait la possibilité de se reconnaître — nous serons amenés à vérifier
en quoi nos disciplines, lorsque touchées par l’écriture, fabriquent elles
aussi les indices de tels récits.


