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Affiche- Les imaginaires de la commuanuté

Colloque international FIGURA « Les imaginaires de la communauté »

Author : Bronja Hildgen
Date : Feb 20, 2015
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Colloque

La communauté ne partage ni la cohésion réglée d’une société, ni la volonté affichée d’un groupe identitaire : elle est spontanée, labile, évanescente. Ce caractère tacite exige toutefois d’en considérer la puissance en imaginant le lien commun au cœur même de chaque individu, dans son ethos, dans ses sentiments, dans ses goûts, dans ses habitudes, etc. Ce qui signifie somme toute qu’on peut faire communauté sans avoir entièrement conscience du lien qui assure la consistance de son être-ensemble.

Cette définition de la communauté est étroitement associée aux textes connus de Maurice Blanchot, La communauté inavouable (1983), de Jean-Luc Nancy, La communauté désœuvrée (1986) et de Giorgio Agamben, La communauté qui vient (1990). Si on les a beaucoup glosés depuis, c’est qu’ils ont saisi l’enjeu philosophique du commun au moment où prenait fin l’ère des grands récits d’émancipation, le communisme au premier chef, et où la méfiance à l’égard du totalitarisme était à son comble. L’enjeu semblait d’éviter ces deux écueils, sans pourtant consentir fatalement à leur contraire, c’est-à-dire à l’individualisme au sens strict, le moins noble politiquement. Ce qui a abouti à la création de concepts friables, dont l’apparence paradoxale mais extrêmement suggestive sur les plans logique et temporel, leur a assuré une fortune considérable à l’époque où il était de mise de déconstruire les notions rigides et de morceler le sensible : le comme-un, l’unité dans la déliaison, la relation de singularités, l’être quelconque. Ces concepts qui définissent de manière virtuelle, voire négative, la communauté, constituent le fond commun aux imaginaires contemporains qui la figurent sous le mode implicite de la crise.

Ce fond commun constituera le point de départ du colloque et non son objectif. Nous proposons plutôt de réfléchir aux multiples variations de la communauté que l’on trouve dans les différentes disciplines d’études ou de pratiques artistiques et sociales sans perdre de vue ce morcellement du sensible qui les imprègne.

On pourra notamment questionner, du point de vue des différentes pratiques intellectuelles, artistiques ou sociales, la dialectique entre la « communauté interprétative » (S. Fish) et la « communauté imaginée » (B. Anderson) pour arriver à penser conjointement la constitution et le fonctionnement inconscient de certaines communautés ainsi que les représentations conscientes qu’elles se font d’elles-mêmes. Il s’agira somme toute d’aborder la communauté qui émane du rapport spécifique que des individus entretiennent avec des objets particuliers et dans l’image ou la représentation que ces mêmes individus se font d’eux-mêmes à partir du lien qui les unit à ces objets.

Il sera possible également d’interroger le positionnement politique de toute communauté, même négative ou virtuelle, si l’on admet, comme l’a soutenu F. Jameson, qu’il n’y a aucune sphère du savoir et de la culture, ni même de la vie privée, qui échappe à un tel positionnement à l’ère du capitalisme avancé. On pourra par exemple concrétiser cette hypothèse en repensant la question de la communauté de pensée à l’aune du savoir qu’elle produit et de son mode de diffusion institutionnel. Ce qui aurait pour effet d’engager la réflexion pour déterminer les fondements et la consistance d’un penser-ensemble à une époque où les chercheurs entreprennent individuellement leur recherche, et ce, même si la plupart des organismes subventionnaires valorisent le regroupement stratégique, la connexion et le réseau.

Il y a, derrière ces orientations pratiques et politiques, des questions essentielles qui touchent des formes de vie et des modes d’existence que nous partageons. Ces questions ramènent la réflexion sur le plan des idées qui conditionnent les imaginaires contemporains de l’être-ensemble, ce fond commun que l’on a évoqué précédemment, mais avec l’intention de les interroger de front, c’est-à-dire en évitant de les percevoir uniquement à travers les concepts déjà acquis. Finalement, nous invitons à conceptualiser à nouveau ce qui, dans des pratiques, des disciplines ou des domaines que l’on partage en commun, incite au décentrement, à l’ouverture, à la multiplication des points de vue, à l’anonymat et résiste, par le fait même, au confinement identitaire, au langage commun et à la pensée homogène.

Organisé par Sylvain David et Sylvano Santini, ce colloque international s’inscrit dans le cadre du programme de recherche interdisciplinaire RADICAL (Repères pour une articulation des dimensions culturelles, artistiques et littéraires de l'imaginaire contemporain) et de Figura, le centre de recherche sur le texte et l’imaginaire. 

 

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