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Femmes Ingouvernables : entre corps et communauté

Author : Guignard Sophie
Date : Mar 30, 2017
Category :
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Colloque

Fier de l’intérêt qu’a suscité son premier colloque, c’est avec beaucoup de plaisir que le groupe de recherche Femmes Ingouvernables annonce une seconde édition de cet événement les 10 et 11 mai 2017 à l’UQÀM. S’inscrivant dans le prolongement de l’un des axes de réflexions amorcés lors du colloque précédent, Femmes Ingouvernables : entre corps et communauté en culture populaire s’intéressera aux articulations possibles entre les corporéités et les collectivités.

Michel Foucault définit le pouvoir disciplinaire comme un système tentaculaire dont la fonction principale est d’entraîner et de formater les corps dans le but de les contrôler. Le rapport de domination-répression qui en résulte produit une discipline corporelle assujettissante. Comme l’ont démontré plusieurs travaux (Bordo, Butler, Despentes, MacDonald), le corps des femmes fait l’objet d’une éternelle et universelle histoire de contrôle et de restriction. Que ce soit sous le regard artistique, scientifique, médiatique, érotique ou pornographique, le corps féminin se fait couramment ausculter, règlementer, peser, augmenter ou réduire, dévoiler ou couvrir; bref, discipliner.

Cependant, dans la culture populaire contemporaine, les artistes et producteurs démontrent une tentative de renouvèlement de l’imagerie du corps féminin. On semble assister à une subversion dans les représentations des femmes, à travers laquelle celles-ci reprennent possession de leur corps et réinvestissent un pouvoir subjectif. À la différence de l’irrévérence qui désobéit à la gouvernementalité, l’ingouvernable échappe à la discipline. Ce colloque désire réfléchir aux façons dont cette ingouvernabilité, cette capacité à échapper aux rapports de pouvoirs, tire sa force dans la formation d’une communauté rassemblée et non assemblée, unie dans sa discontinuité. Il s’agira de considérer les représentations du corps populaire comme le lieu d’une revisitation qui n’est plus de l’ordre de l’objectification, mais d’un plaisir ressenti par le sujet, dont la sensibilité et l’intimité vont à l’encontre de la dépersonnalisation. La réalité incarnée et postulée de manière décomplexée apparaît comme le renversement d’une image policée. Suivant cette idée, nous invitons à penser la contamination de l’intime dans l’espace et la parole collective tout à la fois comme acte de résistance et appel à l’empathie. Plus les corps se démultiplient, plus les sources de pouvoir se diversifient au détriment d’une production unifiée et sérialisée.

Des figures et artistes telles que Miley Cyrus, Yolandi, Lena Dunham, Ilana Glazer et Abbi Jacobson, Safia Nolin ou Mariana Mazza rompent avec le concept de corps docile pour embrasser la diversité et l’atypie, tandis que des productions culturelles comme Girls, Charmed, Mad Max : Fury Road, Broad City, Ghostbusters, Scream Queen, Sucker Punch, Jessica Jones, Strange Empire thématisent la force du groupe féminin et son irrévérence.

Dans l’imaginaire comme dans le réel, s’il existe une tendance pernicieuse à séparer les femmes (pensons au test de la bédéiste Alison Bechdel), l’ingouvernable postule qu’il s’agirait en fait d’une stratégie de contrôle institutionnel à renverser. L’une contre l’autre ou l’une sans l’autre, le vieil adage « diviser pour mieux régner » fait en sorte que seulement quelques rares élues ressortent du lot fragmenté. À travers, entre autres, une réhabilitation des corps, nous suggérons que la Femme Ingouvernable permet une redistribution des pouvoirs. Pensons au groupe, à la famille, à l’équipe, à l’armée, au partenariat, au duo, à la troupe, au band, au cercle d’amies, au fandom, à la sororité, à la communauté virtuelle ou au couvent wicca afin d’observer ces corps qui les constituent. L’objectif premier est d’étudier les femmes entre elles et à la place qu’occupe leur corporéité dans cette relation, comme pierre de touche d’une expérience à la fois intime et collective.

Consultez le programme en pièce jointe.

Notez que le colloque aura lieu au J-4225 (et non au J-4925).

Le colloque sera diffusé en simultané sur l'OIC.

Participation / Organisation

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