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Imaginaires du camion : un « speed colloque »

Author : Marion Sénat
Date : Oct 14, 2015
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Événement

Imaginaires du camion : un « speed colloque »
Vendredi 27 novembre de 10h15 à 15h15 au J-4225.

 

La présence obsédante du camion comme thème dans les arts et les lettres témoigne de son omniprésence dans notre quotidien et de la fascination qu’il exerce. Au cinéma, à l’exception notoire des films Le camion (1977) de Marguerite Duras et Camion (2012) de Raphaël Ouellet, le poids-lourd et son chauffeur participent à l’élaboration de scénarios le plus souvent effrayants et violents. Deux réalisateurs français ont ouvert ce bal tragique : Henri-Georges Clouzot avec Le salaire de la peur (1953) et Gilles Grangier dans Gas-Oil (1955). Vieux, sale mais puissant, le Peterbilt 281 du film Duel (1971) est certainement le camion le plus célèbre et le plus cruel (car il s’agit bel et bien d’un personnage du film de Spielberg) de l’univers cinématographique – il a inspiré quantité de réalisateurs (essentiellement américains) qui, dans des films comme Roadgames (1981), Maximum Overdrive (1986), Terminus (1987), Black Dog (1998) ou ceux de la quadrilogie Joy Ride (2001, 2008, 2014, 2015), présentent le monde du camionnage et les « truck stops » comme des univers sombres, sadiques et mortifères. Il s’agira donc d’interroger ce péril que représente le camion (le plus gros, donc le plus « menaçant » des véhicules routiers) et ce danger qui est si souvent associé à la figure du camionneur (laquelle est fortement stéréotypée : cow-boy sauvage des temps modernes, ce serait un être essentiellement rustre, instable et aux mœurs déviantes). De ce point de vue, il est intéressant de relever que ce portrait sombre du camion et du camionneur est activement combattu dans la musique country qui, tout en les glorifiant elle aussi à coups de poncifs et de lieux communs (dans ces chansons, les camions sont souvent féminisés et toujours dûment entretenus par des « truckers » solitaires, mélancoliques, travaillants et honnêtes), participe activement à leur mythification en tant que symboles-clés de l’imaginaire social américain.

Qu’en est-il cependant des camionneuses, qui sont elles aussi maintenant assises derrière le volant de leurs 18 roues ? Comment est-ce qu’un film comme Trucker (2008) ou des ouvrages littéraires tels que le roman Un camion dans la tête (2004) de Carole Pither et le récit autobiographique Je vous écris de mon camion : histoires de route (2011) de la québécoise Sandra Doyon, représente-t-ils cette nouvelle venue dans l’univers très masculin des camionneurs ?

Les titres de plusieurs romans, tels Le camion (1962) de Per Wahlöö, Le camion blanc (2010) de Julie Resa ou Le camion bulgare (2011) de Dumitru Tsepeneag rappellent la place de choix qui est réservée aux poids-lourds dans la fiction à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. La littérature jeunesse, qui propose plusieurs centaines de titres sur le sujet, est bien sûr aussi ouvertement « camionophile » que la bande dessinée. Enfin, dans un tout autre ordre d’idée, rappelons que dans un de ses derniers projets, l’artiste Banksy a stigmatisé le camion à bestiaux pour condamner les conditions cruelles dans lesquelles vivent et meurent les animaux d’élevage. Ce dernier exemple conduit à souligner que le camion est aussi au cœur de différentes symboliques « politiques » : en France, on l’associe à la grève tandis qu’aux États-Unis, les camionneurs unis derrière le slogan « Without Trucks, America Stops » rappellent la menace que représente pour eux le transport ferroviaire tout en soulignant leur rôle déterminant dans la bonne marche de l’économie.

Enfin, il pourra aussi être intéressant de se pencher sur le camion tel qu’il est pensé et représenté hors du monde des arts et des lettres. Comment en parle-t-on dans les ouvrages de référence ? Si nous nous fions au livre français intitulé Les fabuleux camions américains (1982), dont le titre compromet d’entrée de jeu l’objectivité attendue dans un tel ouvrage, il y a fort à parier que les textes documentaires consacrés au camion ne sont pas à l’abri de l’« imaginaire » qu’il traîne à sa suite. De ce point de vue, il serait aussi sûrement très instructif d’aller consulter les textes, les images et les courts-métrages promotionnels qui figurent sur les sites internet des fabricants.

 

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