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Lectures de l’exaltation et du débordement

Author : Guignard Sophie
Date : Sep 08, 2016
Category :
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Actualité étudiante
Colloque

« Exaltation veut dire : débordement hors de la fermeture, bond dans l’infini du haut ».

-Roland Barthes, 2007 [1974]

 

L’exaltation et le débordement rompent avec l’idéal d’un monde mesuré et stoïque. Faire leur expérience, c’est donner toute la place au corps, aux sens et aux émotions. C’est aussi transgresser une série de normes et de limites : ce qui se soulève ou refuse d’être contenu menace nécessairement l’ordre établi. En ce sens, il y a également débordement de la pensée, car il s’agit d’une critique des limites imposées à notre manière de voir le monde.

L’exaltation et le débordement inscrivent dans et sur le corps frénésie, jouissance ou encore colère. De la crise d’hystérie au mysticisme, une série de symptômes (des larmes, des gémissements, des cris) bouleverse l’image d’un corps qui devrait rester docile, voire effacé (Marzano, 2002). La passion amoureuse, proche du délire, est aussi placée sous le signe d’une effervescence parfois heureuse, parfois meurtrière. D’un point de vue culturel et anthropologique, plusieurs discours ont tenté de répondre par le débordement à une vision unique du monde, à une culture dominante élevée en tant que norme mondiale. Il suffit de penser à la poétique du divers qui redéfinit l’exotisme (Segalen, 1908), à l’hybridité qui propose une refonte des identités devenues désuètes (Bhabha, 1994; Miano, 2012) ou à la créolisation (Glissant, 1990; Chamoiseau, 1989). Ces discours de la multiplicité se sont efforcés de faire voler en éclats les catégories identitaires, individuelles ou collectives. De la même façon, bien que la science se présente comme un discours rationnel et objectif, le débordement et l’exaltation jouent un rôle essentiel dans ses avancées. La volonté de création et de maîtrise de nouveaux savoir-faire, si elle s’avère grisante, sublime, peut mener à la monstruosité et à la destruction (Lecourt, 1996; Hadot, 2004). Du voyage vers l’inconnu à la conquête de l’univers, le discours scientifique, tel qu’il s’énonce dans les arts et la littérature, véhicule nombre d’hyperboles et de figures excessives, dont celles de Prométhée et du savant fou.

L’objectif de ce colloque est de proposer des interprétations originales du « hors limite » (Tirel, 2003) dans la littérature, sans égard à la période, la provenance géographique ou la langue originale des œuvres étudiées. Comment la littérature représente-t-elle ces deux expériences? Quels liens tissent-elle avec des notions concomitantes : la démesure, l’excès, l’obscène, etc.? Quelles figures stylistiques sont convoquées, quels enjeux éthiques sont soulevés? Il ne s’agira pas tant d’observer le franchissement d’une frontière, avec ses hésitations et ses passages incertains, mais plutôt de se pencher sur ce qui a déjà été traversé et devient fondateur de notre rapport au monde.

 

Programme:

Jeudi 22 septembre 2016

9h-9h30

Accueil des participant.e.s et mot de bienvenue

9h30-10h30

Conférence

De la tératologie au clonage : quelques réflexions sur le monstre scientifique dans la fiction - Jean-François Chassay, Université du Québec à Montréal

11h-12h30

De la méthode et de la démesure : enjeux et représentations du discours scientifique

Animation : Jean-François Chassay, Université du Québec à Montréal

Raconter un monde « à peine moins mystérieux que Mars ou la Lune ». La révélation scientifique dans L’exploration sous-marine (1953) de Philippe Diolé - Myriam Marcil-Bergeron, Université du Québec à Montréal

Le tournant réaliste des fictions sur la greffe : à propos de Réparer les vivants (2014) et Corps désirable (2015) - Philippe St-Germain, Collège Ahuntsic

Débordements biotechnologiques et exaltation artistique : vers une éthique des usages animaux dans le bioart - Marianne Cloutier, Université de Montréal

14h-15h  

Rythmes, pulsions et transgressions narratives

Animation : Lucie Desjardins, Université du Québec à Montréal

« Je veux vivre intensivement » : exaltation, débordements et épistémé de la vie et du vivant dans la collection « Les Romans de la jeune génération » (1931-1932) - Adrien Rannaud, Université de Sherbrooke

Le flamenco verbal de Marcel Moreau - Corentin Lahouste, Université catholique de Louvain

15h30-16h30

Conférence

Entre mères et filles : intérieur et extérieur, excès et débordements - Lori Saint-Martin, Université du Québec à Montréal
 

Vendredi 23 septembre 2016

9h-9h30

Accueil des participant.e.s

9h30-11h

Désirs et jouissances

Animation : Alexis Lussier, Université du Québec à Montréal

Faire corps avec sa jouissance. Cercle de Yannick Haenel - Simon Levesque, Université du Québec à Montréal

Écrire la possession, entre la chair et le signe - Martin Hervé, Université du Québec à Montréal

De la cyprine à l’œuvre : pour qu’il y ait plus que les larmes dans l’amour - Valérie Lebrun, Université du Québec à Montréal

11h30-12h30

À cor(ps) et à cri : résistances et revendications

Animation : Alice van der Klei, Université du Québec à Montréal

L’écriture politiquement transgressive de Virginie Despentes - Anne-Julie Ausina, Université du Québec à Montréal

« Aux litres de sang et aux cris d’horreur » : figures de la guerrière dans la littérature québécoise contemporaine des femmes - Ariane Gibeau, Université du Québec à Montréal

14h-15h30

Prisons de chair

Animation : Catherine Cyr, Université du Québec à Montréal

Une boulimie médicinale? L’éloge de l'abstinence dans les écrits autobiographiques et médicaux du Dr George Cheyne (1671-1743) - Jessica Hamel-Akré, Université de Montréal

Trois visions du corps débordé dans le roman d'aventures littéraire de l'entre-deux-guerres français. Le Chant de l’équipage de Pierre Mac Orlan, Les Dieux rouges de Jean d’Esme, La Voie Royale d’André Malraux - Paul Kawczak, Université du Québec à Chicoutimi

La faim épidémique: obésité, invasion de zombies et autres petits chaos - Maude Lafleur, Université du Québec à Montréal

16h-17h

Conférence de clôture

17h-17h15

Mot de clôture

Cocktail à la Panthère verte (1735, rue Saint-Denis, Montréal)

Participation / Organisation

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