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Les Murailles du paradis - Conférence de May Telmissany

Date : Jan 19, 2011
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Conférence

Dans le cadre de la «Série de conférences Salon double sur la
littérature contemporaine», le comité de rédaction de Salon double présente la
conférence de May Telmissany, professeure au département des langues et
des littératures modernes de l'Université d'Ottawa, qui s'intitule :
«Les murailles du paradis - Chroniques d'une immigration». 
 
Présentation de la conférence :
 
«Que puis-je dire du mouvement, autre que ce que les philosophes ont
dit? Gilles Deleuze décrit le mouvement comme « la possibilité
d'insertion sur une onde préexistante ». Comment puis-je « m'insérer »
alors que le travail de tout écrivain consiste à s'arracher, se
détacher, fuir, s'isoler, et ultimement défier le réel par
l’imaginaire? Comment puis-je décrire ce paradis de l’immigration alors
qu'il s'agit d'un espace cloitré, interdit, déterminé? Dans mon livre Les Murailles du paradis
(2009), il y a une tentative de réponse à ces questions, et à celles
plus angoissantes de l'écriture. Comment puis-je décrire le phénomène «
neige », par exemple? Dans la chronique intitulée Love Story j’écris
: « Depuis dix ans, ma relation avec la neige est une relation scellée
par une méfiance totale de ma part et par une indifférence parfaite de
la part de la neige. Je n’aime glisser bien que les gens m’ont souvent
conseillé de profiter des réjouissances de l’hiver au lieu de m’en
plaindre sans cesse. Mais je persiste dans mon refus rituel chaque
saison. J’ai peur de tous les sports d’hiver, de la glissade en luge
jusqu’au ski de montagne. Et quand j’accompagne les enfants dans ces
sports, je me contente du rôle de spectateur. » Pour revenir à ma
question initiale, je propose donc cette reformulation: que puis-je
dire du mouvement à partir de mon rang de spectateur?»