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Fictions du parc de loisirs. Imaginaires du tout-inclus et autres lieux d’enclavement volontaire

Appel à communication

Journée d'étude à l'UQAM le 3 avril 2020

Aménagés pour permettre à leurs usagers d’y vivre, de se divertir, de dépenser ou de se reposer –voire même pour favoriser tout cela à la fois–, nombreux sont les lieux strictement balisés et non moins rigoureusement surveillés au cœur desquels petits et grands désirent s’engouffrer. Ce sont, entre autres, les communautés fermées et sécurisées, les parcs d’attractions et les parcs thématiques, les foires, les centres d’achat et les quartiers commerciaux, les villages de vacances et les bateaux de croisière. 

Qu’il s’agisse de fictions d’anticipation dystopiques, d’œuvres plus réalistes, d’essais, de pièces de théâtre ou d’installations artistiques, force est de constater que lorsque la littérature, le cinéma ou les arts s’emparent de tels lieux, c’est le plus souvent pour en souligner l’«irréalité». On pense par exemple aux films de science-fiction Westworld (1973) ou Jurassic Park (1993), tous deux scénarisés par l’écrivain américain Micheal Crichton, qui mettent en scène des touristes non plus enivrés, mais terrorisés par leur expérience dans des parcs à thème futuristes qui promettaient pourtant de repousser les limites du divertissement. Plus vraisemblables, les «séjours-clubs», qui sont représentés aussi bien dans les romans que dans les poèmes de Michel Houellebecq, n’en sont pas moins autant de pièges qui se referment systématiquement sur des estivants déçus et frustrés. Le titre du très long compte rendu que David Foster Wallace livre au Harper’s Magazine, A Supposedly Fun Thing I'll Never Do Again (1997), à propos de son expérience de passager à bord d’un navire de croisière est très suggestif. Dans la pièce Centre d’achats (2019) d’Emmanuelle Jimenez, les personnages qui comptaient s’abriter de la tempête qui fait rage à l’extérieur dans un centre d’achats finissent par se perdre dans ce labyrinthe consumériste. Enfin, impossible de passer sous silence le faux parc d’amusement Dismaland –Bemusement Park imaginé et crée par Banksy, qui a ouvert ses portes pour un mois seulement en 2015 et dans lequel tout ce qui fonde la «magie Disney» est renversé et tourné en dérision.
 
Cette journée d’étude sera donc l’occasion de réfléchir à tous ces lieux d’enclavement volontaire et d’analyser leurs représentations. Quels liens peuvent être tissés entre l’imaginaire du parc et les concepts d’utopie et de dystopie? Si, comme l’écrit Alain Corbin, «le temps-marchandise des premiers clubs de vacances ne diffère du temps initial de la modernité que par l’absence de travail» (L’avènement des loisirs 1850-1960), qu’en est-il de la temporalité propre aux parcs imaginaires? Comment se présente la frontière qui sépare l’espace intérieur de l’enclos, supposément contrôlé, et le monde extérieur, généralement chaotique? Il existe une proximité entre l’attraction et la concentration, relevée, entre autres, par l’essayiste Philippe Muray qui se plaisait à renommer Eurodisney la «colonie distractionnaire» (Désaccord parfait): comment s’articulent une dictature du plaisir et un autoritarisme politique dans les œuvres qui représentent le parc? De même, si le parc est le cadre d’une fiction, d’un scénario prévu à l’attention de ses visiteurs, quel rôle peut-on assigner à l’œuvre qui met en scène ledit parc, laquelle est à son tour une enclave sémantique destinée à l’attention des lecteurs?
 
Les propositions de communication (entre 300 et 500 mots), accompagnées d’un titre et d’un court curriculum vitae, doivent parvenir avant le 31 décembre 2019 à l’adresse suivante: olivierparenteau@yahoo.ca
 
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