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Archéologie littéraire de l’humour au Québec : XVIIe-XIXe siècles

Programme

Période d'activité: 
2012 - 2018
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Analyse des premières productions littéraires du Québec sous l'angle de l'humour verbal, ce jeu de langage qui transpose de façon plaisante tout objet, même le plus grave. Les études sur l'humour au Québec portent essentiellement sur le 20e siècle. Aucun ouvrage actuel ou passé n'embrasse l'humour québécois sur une longue période et dans l'ensemble de ses manifestations. C'est ce que je me propose d'entreprendre avec un corpus étendu sur les trois premiers siècles de l'histoire du Québec et du Canada. Distinct de l'ironie, du sarcasme et de la satire, l'humour est plus subtil que le comique. S'il peut être abordé sous différents angles (philosophiques, psychologiques, politiques, identitaires), l'humour repose toujours sur un procédé discursif conduisant au rire ou au sourire. C'est donc d'abord comme acte de langage que j'aborderai l'humour, sa grammaire énonciative et ses procédés discursifs, à travers les textes liminaires du corpus littéraire québécois. J'entends ici les tout premiers poèmes, chansons, témoignages, récits, dialogues, textes théâtraux ou pièces d'éloquence ayant circulé au Québec, du régime français au régime anglais (XVIIe-XIXe s.).

De la Nouvelle-France au début de la Confédération canadienne, peu de genres littéraires ont échappé à cette forme de transposition et de libération qu'opère l'humour. C'est l'humour de ces textes qui consacre leur littérarité. Cette dernière réside dans leur capacité à transposer le réel, à instaurer une distance critique dans l'appréhension des faits, à susciter une complicité avec le rieur et à le libérer de ses entraves. Après avoir décrit le procédé littéraire en soi, j'examinerai sur trois siècles sa réception et son impact sur la société, passant alors du cas individuel à la collectivité. Mécanisme de défense contre la souffrance, le rire ou le sourire ont un effet cathartique chez l'individu. Mais l'humour agit aussi sur les mentalités collectives et sur l'identitaire : ainsi en est-il dans le discours journalistique, les brochures politiques, les parodies littéraires, les comédies, les satires ou dans certaines utopies déjouant la censure. Quand il parvient à provoquer ce rire libérateur, l'humoriste joue un rôle social déterminant. Il passe alors de simple blagueur ou d'amuseur public au statut d' »auteur » : il fait pleinement œuvre littéraire. Pour vérifier cette hypothèse inusitée d'une «  littérature, fille de l'humour », je me baserai sur des concepts et sur une méthodologie que je pratique depuis une vingtaine d'années : l'Archéologie littéraire (www.alaq.uqam.ca).

Type de subvention: 
Date·s de la subvention: 
2012 - 2018