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H-2017 - Signes vivants. La biosémiotique et ses marges

Individu·s lié·s: 
Horaire du séminaire: 

Hiver 2017
Département d'études littéraires (doctorat en sémiologie) - UQAM

 

Il est généralement admis que, pour les anciens Grecs, les êtres humains, culturels, ne s’échangeaient pas des signes comme tel, mais bien des symboles. Les signes étaient naturels et la notion était tributaire, en grande partie, des recherches en médecine. Partant, ce n’est pas un moindre paradoxe que l’étude du signe ait été limitée, surtout à partir de la modernité, à des phénomènes linguistiques désincarnés. À bien des égards, le structuralisme qui a émergé de la linguistique saussurienne peut être considéré comme une des manifestations les plus abouties de cette tendance abiotique.

Or, depuis les années 60, l’étude du signe a connu un certain revirement, un certain retour à ses origines biologiques, au point tel que la biosémiotique est devenue un des champs centraux de l’étude des signes. Un des pionniers de la biosémiotique, Thomas Sebeok, a été l’instigateur d’un heureux mélange de sémiotique peircéenne et de biologie uexküllienne. Depuis les années 90, l’école de Copenhague-Tartu a ouvert le champ d’application vers la biologie moléculaire, la neurobiologie, l’éthologie et les sciences cognitives. Des chercheur.ses de plusieurs disciplines et de plusieurs pays participent avec enthousiasme à l’étude du signe dans le monde vivant. La International Society for Biosemiotic Studies se rencontre annuellement depuis 2001; depuis 2008, la revue Biosemiotics diffuse les dernières recherches dans le domaine. La production est substantielle et d’une grande cohérence. Le moment est opportun pour que le programme de sémiologie de l’UQAM, bien placé pour contribuer à ce mouvement, y consacre un séminaire.

Ce séminaire visera, en parallèle, deux objectifs.

D’une part, le séminaire permettra aux étudiant.es d’explorer en profondeur les jalons historiques connus de la biosémiotique : quelles sont ses sources? comment s’est-elle transformée? que devient-elle? L’article de Don Favareau, « The Evolutionary History of Biosemiotics » nous permettra de saisir autant l’histoire de la biosémiotique que sa situation actuelle. Une métaphore : l’article de Favareau sera notre carte du territoire biosémiotique, la carte qui indique les points de repères principaux autour desquels les biosémioticien.nes naviguent et se rassemblent.

Pour filer la métaphore, il s’agira également de rajouter des points à la carte de Favareau, de repérer et de cartographier des signes que Favareau ne pouvait pas raisonnablement inclure dans son histoire. Probablement pour des raisons linguistiques et culturelles, la biosémiotique a peu de présence et de répercussions dans le monde francophone. Plus généralement, la biosémiotique fait peu état des concepts, des théories et des textes issus du monde non-occidentale et de la tradition poststructuraliste franco-continentale – tradition qui a profondément marqué l’évolution du programme de sémiologie de l’UQAM. En somme, nous voudrons mettre le programme de sémiologie à la disposition de la biosémiotique en prenant part à cet effort collectif établi, et nous souhaitons problématiser, injecter de l’altérité dans l’histoire et la théorie du signe vivant.