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H-2020 - Littérature française du XVIIe siècle. La connaissance du monde et le souci de soi

Individu·s lié·s: 
Horaire du séminaire: 

Hiver 2020

Département des littératures de langue française - Université de Montréal

Pour acquérir un savoir ou une nouvelle connaissance, faut-il aller droitement sans hésiter, ou au hasard de l’humeur? Est-ce qu’on possède un savoir, est-ce qu’on le contemple? Y a-t-il seulement une vérité à atteindre? Comment représenter et penser le travail d’un-e savant-e? Comme une marche longue et patiente? Une navigation tumultueuse?

Le tournant du XVIIe siècle est marqué par de profondes transformations épistémologiques, tant sur le plan des contenus et des pratiques, que des discours de et sur la science. L’expérience est jugée supérieure à l’érudition, de nouvelles technologies comme le microscope se développent, certains savoirs se distinguent l’un de l’autre (ainsi de la chimie et de l’alchimie; de l’astronomie et de l’astrologie). C’est ce qu’on appela alors la «science nouvelle». Tous ceux et celles qui se sont intéressés à ce qui fait la vie d’un savant ou d’un chercheur ont raconté ces mutations. Romanciers, philosophes, astronomes, curieux et dilettantes ont élaboré des récits mettant en scène la relation d’un sujet à la connaissance: flâneurs à la manière de Montaigne, héros intrépide comme Bacon, voyageur méthodique comme Descartes, observateur critique comme Théophile de Viau...
Le but de ce séminaire est d’analyser quelques-uns de ces récits d’accès au savoir pour, en premier lieu, saisir les imaginaires auxquels a puisé la science moderne pour s’écrire. Qu’il emprunte à l’épopée, au conte, au récit de voyage ou à la mystique, le discours de et sur le savoir n’est pas le même, il implique une épistémè et une anthropologie distinctes (d’une science comme conquête de la nature à un savoir qui permet d’habiter le monde). Au travers de ces histoires, se dégagent des figures très différentes de la subjectivité à l’âge classique. Ce sera le second objet d’étude de ce séminaire. L’expérience de la nouvelle science est, en effet, une expérience sensible, voire intime. Puisqu’il faut être à la fois le témoin et l’essayeur, le corps est mis à l’épreuve: transformations physiques; plaisir et excitation de la découverte; expérience de la douleur, de la maladie, de la fatigue ou du découragement. Cette attention à soi est aussi l’héritière d’un «souci de soi», inséparable de la pratique philosophique depuis Socrate.
Les premières séances du séminaire seront consacrées à la présentation de la problématique du cours et à l’analyse en groupe de textes critiques ou d’extraits d’œuvres (extraits donnés en cours ou disponibles sur StudiuM). Ensuite le cours s’organisera autour des exposés des étudiants à partir d’une œuvre choisie parmi celles proposées (voir liste provisoire de la bibliographie).
Statut du séminaire: 
En cours